Camille Claudel à 20 ans
Camille Claudel à 20 ans
par César D.R.

Camille Claudel
Camille Claudel
sculptant Sakountala
vers 1886 - D.R.

Camille CLAUDEL, 1864-1943

Fille d'un conservateur des hypothèques, Camille Claudel naît le 8 décembre 1864 à Fères-en-Tardenois, petite cité de l'Aisne. Elle passe son enfance à Villeneuve-sur-Fère, habitant le presbytère que son grand-père, le docteur Athanase Cerveaux, avait acquis. Aînée de quatre ans de Paul Claudel, elle impose à celui-ci, ainsi qu'à leur soeur Louise, sa forte personnalité. D'après Paul, ayant annoncé son désir d'être sculpteur, elle prévoyait aussi que Paul serait écrivain et Louise musicienne.

Très tôt convaincue de sa vocation de sculpteur, elle obtient, en 1881, d'aller à Paris faire ses études. Elle entre alors à l'Académie Colarossi et y a pour maître d'abord Alfred Boucher puis Auguste Rodin. C'est de cette époque que datent les premières oeuvres qui nous sont connues : La Vieille Hélène (Coll. Part.) ou Paul à treize ans. (Châteauroux) Rodin, impressionné par la solidité de son travail, la fait entrer comme praticienne à son atelier de la rue de l'Université en 1885 et c'est ainsi qu'elle collabora à l'exécution des Portes de l'Enfer et au monument des Bourgeois de Calais.

Ayant quitté sa famille pour l'amour de Rodin, elle travaille plusieurs années au service du maître et aux dépens de sa propre création. Parfois les créations de l'un et de l'autre sont si proches qu'on ne sait qui du maître ou de l'élève a inspiré l'un ou copié l'autre. De plus, Camille Claudel se heurte très vite à deux difficultés majeures: d'une part, Rodin ne peut se résoudre à quitter Rose Beuret, sa compagne dévouée des débuts difficiles et d'autre part, certains affirment que ses oeuvres sont exécutées par le maître lui-même.
Elle tente de s'éloigner et l'on perçoit bien cette tentative d'autonomie (1890-94), tant dans le choix des thèmes que dans le traitement, avec des oeuvres comme La Valse (Paris, Musée Rodin) ou La Petite Châtelaine (Paris, Musée Rodin). Cette mise à distance va jusqu'à la rupture définitive en 1898.
Blessée et désorientée, Camille Claudel voue alors à Rodin un amour-haine qui la mènera à la paranoïa et l'enfermement psychiatrique. La rupture est narrativisée dans l'oeuvre à juste titre célèbre qu'est l'Age mûr.(Paris, Musée d'Orsay).

Elle s'installe alors 19 quai Bourbon et poursuit sa quête artistique dans une grande solitude malgré l'appui de critiques comme Octave Mirbeau, Mathias Morhardt, Louis Vauxcelles ou du fondeur Eugène Blot. Celui-ci organise deux grandes expositions, espérant la reconnaissance donc un bénéfice moral et financier pour Camille Claudel. La critique est élogieuse mais Camille Claudel est déjà trop malade pour en être réconfortée.

Après 1905, les périodes paranoïaques de Camille Claudel se multiplient et s'accentuent. Selon elle, Rodin retient ses sculptures pour les mouler et se les faire attribuer, l'inspecteur des Beaux-Arts est à la solde du maître, des inconnus veulent pénétrer chez elle pour lui dérober ses oeuvres. Elle vit alors dans une grande détresse physique et morale, ne se nourrissant plus et se méfiant de tous.

Son père, son soutien de toujours, meurt le 3 mars 1913 et elle est internée le 10 mars à Ville-Evrard puis transférée, à cause de la guerre, à l'hôpital de Montdevergues situé sur la commune de Montfavet à côté d'Avignon (84), hôpital qui est d'ailleurs toujours en activité. Elle y meurt trente ans plus tard, le 19 octobre 1943.

en savoir plus > chronologie

Crédits